HÉSIODE (VIIIème siècle av. J-C)

 

L’on sait fort peu de choses d’Hésiode, postérieur d’à peu près un siècle à Homère, et représentant de la poésie didactique. Les seuls éléments sûrs nous sont donnés par le poète lui-même :

·                Son père était originaire de Cumes ; pour fuir la misère, il se serait embarqué, et serait venu habiter à Acra, sur le versant sud de l’Hélicon, en Béotie, une région qu’Hésiode détestait ;

·                 A sa mort, Hésiode aurait eu un différend avec son frère Persès, et les rois de Thespies, au cours du procès, lui auraient injustement donné tort.

·                Hésiode aurait été à la fois paysan, et aède : lui-même mentionne une victoire remportée à Chalcis, en Eubée, au cours d’un concours de chant. En revanche, son prétendu « agôn » avec Homère, et la victoire remportée sur celui-ci est purement légendaire.

·                Persès, incapable de gérer son bien, serait venu réclamer de l’aide à son frère, qui l’aurait rembarré ; il aurait alors voulu intenter un deuxième procès : c’est pour éviter cela, et pour inciter son frère à un règlement à l’amiable, qu’Hésiode aurait composé Les Travaux et les Jours.

Son œuvre nous est parvenue très incomplète : les seuls textes de l’authenticité desquels nous sommes sûrs sont ceux qui figurent dans l’édition des Belles-Lettres : la Théogonie, Les Travaux et les jours, et le Bouclier, qui est probablement un fragment d’une œuvre plus vaste (un Catalogue des femmes ?)

 Bibliographie :

 La Grèce au temps d’Hésiode :


LES TRAVAUX ET LES JOURS, v. 1-617

 (programme khâgne LSH 2006-2007)

 

Prologue (1-10)

Les deux Éris (11-41)

Prométhée et Pandore (42-105)

Le mythe des races (106-201)

La Justice

Le travail

Travaux des champs

 

Prologue (v. 1-10)

Revoir les leçons 24 et 25 sur la langue homérique (A. Lebeau et J. Métayer, Cours de grec ancien).

Pour une comparaison avec Homère : voir le prologue de l'Iliade et celui de l'Odyssée. Voir aussi une étude sur le prologue de la Théogonie.

  Dédicace solennelle aux « Muses de Piérie » (de Macédoine), qui évoque bien sûr l’incipit de l’Iliade. Mais c’est surtout le patronage de Zeus, père des Dieux, qui est évoqué, dans sa toute-puissance (que l’on retrouvera par la suite dans les mythes de Prométhée et des races). Toute une série d’antithèses rhétoriques.

Noter aussi les assonances en [r] évoquant peut-être le bruit du tonnerre : v. 5-7

Introduction d’un thème fondamental : la dikè.

Scansion du 1er vers :

Μοῦσαι Πιερίηθεν, ἀοιδῇσι κλείουσαι

     ˉ     ˉ/     ˉ˘   ˘/ˉ   ˘    ˘/ ˉ   ˉ/ ˉ       ˘˘/ ˉ   ˘

Les deux Éris (v. 11-41)

è TEXTE COMPLÉMENTAIRE : Les Enfants de Nuit, Théogonie, 211-232.

« En effet, en voyant un autre, riche, qui s’empresse de labourer, il éprouve le besoin de travailler. »

V. 27-41 : un passage autobiographique.

Les deux derniers vers annoncent l’éloge de la vie paysanne qui sera la 2ème partie de l’œuvre.

 La Mauve et l’asphodèle : 

     asphodèle  

photo © J. Villani.

   mauve

  Deux plantes sauvages, qui présentent plusieurs aspects intéressants :

-        La Mauve était, et est encore, une plante comestible et médicinale ; on peut la cuisiner un peu à la manière des épinards.

-        L’asphodèle, quant à elle, présente des caractères plus ambigus.

o      D’une part, elle est, comme la mauve, comestible, et constituait donc une nourriture simple, facile à trouver en ces temps de cueillette, avec semble-t-il des vertus coupe-faim – ce qui la rendait particulièrement utile en temps de disette.

o      D’autre part, elle était liée au monde des morts : les « prairies d’asphodèles » d’Homère sont le lieu où les morts attendent leur jugement. (Odyssée, XI, 539)

-        Mauve et asphodèle constituent donc une nourriture saine et simple, accessible à tous sans avoir besoin d’être cultivée ; à ce titre, elles sont liées à l’image de l’âge d’or, où la terre « fournissait d’elle-même » tout ce dont les hommes avaient besoin.

-        A ce titre, elles auraient constitué le régime alimentaire d’Épiménide (VIIème siècle, poète et chaman de Crète), et Pythagore s’en serait inspiré pour son propre régime végétarien…

 

Thème important : la « bonne Éris, ou émulation dans le travail. On verra qu’elle caractérise l’âge de fer, ambivalent (bonne et mauvaise Éris y coexistent ; comme le travail pénible, et le gain…). On peut choisir la « droite justice », mais aussi la mauvaise.

Aspect autobiographique : les démêlés d’Hésiode avec son frère Persès, et aussi peinture sociale : les mauvais rois « mangeurs de présents ».

 Mythe de Prométhée et de Pandore (v. 42-105)

RELIRE :

Étude du texte :

·         Κεν : équivalent de ἄν

L’image de la femme dans la Grèce archaïque : premières occurrences de la « femme fatale », Hélène et Pandore : beauté fascinante, et irrésistible penchant vers le mal. Un thème qui trouvera son épanouissement jusque dans la littérature contemporaine et le cinéma, comme en témoignent les références suivantes :  

Pandore dans la littérature et l'art

Vers 69-82 : la fabrication du « don »

  V. 83-105 : les dégâts causés par la demoiselle.

83-89 : la faute d’Épiméthée.

90-105 : le malheur des hommes.

Vers 95 = vers 49 : style formulaire. D’autres exemples, surtout dans les clausules : v. 68 / v. 77 / v. 84… Signe d’une littérature orale.


Mythe des races (v. 106-201)

106-126 : la race d’or.

·         ἐκκορυφώσω < ἐκκορυφόω- : exposer sommairement

Une image (une des premières de la littérature occidentale) de l’âge d’or : une race satisfaite de son sort, qui ignore la démesure, et donc le malheur et la guerre. Leur disparition ne résulte pas ici d’une colère de Zeus, mais simplement d’une succession dans le temps : après leur règne, ils deviennent des génies épichthoniens…  

127-142 : la race d’argent.

·         μετόπισθε(ν) : plus tard

·         ἐναλίγκιος, ος, ον + datif : semblable à

·         κεδνός, , όν : sage, prudent, honorable

·         ἀτάλλω : sauter, bondir comme un être jeune

·         ἀνηβήσαι < ἀν-ηβάω- : grandir

·         παυρίδιος, α, ον : petit, court

·         ἀφραδίη : irréflexion, imprudence, étourderie

·         ἀτάσθαλος, ος, ον : follement orgueilleux, présomptueux jusqu’à la démence

·         ἔμπης = ἔμπας : et pourtant, mais cependant

·         ὀπηδεῖ < ὀπαδέω- : suivre, accompagner.

Une race d’argent très ambiguë : d’un côté, une interminable enfance innocente, et après leur mort, ils deviennent démons hypochthoniens, objets d’un culte : ils gardent donc une part de justice, de « bonne Eris ». Mais d’un autre côté, ils ont perdu l’harmonie entre eux – leur orgueil les pousse à se battre – et ils méprisent les dieux, suscitant ainsi la colère de Zeus et leur disparition. Celle-ci, contrairement à celle de la race d’or, apparaît bien comme un châtiment. L’expression contradictoire « μάκαρες θνητοί» (v. 142), que Mazon a corrigée en « μάκαρες θνητοῖς» , « bienheureux mortels », témoignait du caractère ambivalent de cette race (cf. M-C. Leclerc, op. cit.)

V. 143-155 : la race de bronze.

A noter que cette « race de bronze » est décrite exactement avec les mêmes mots que celle des Titans, dans la Théogonie (147-153).

La race de bronze représente une rupture nette avec les deux précédentes : dès le départ, différence de « valeur » (οὐκ ἀργυρέῳ οὐδὲν μοῖον) ; cette race est essentiellement caractérisée par sa force et sa violence incontrôlée. Elle est aux hommes ce que celle des Titans est aux dieux : une race primitive, violente, peu développée, condamnée… et elle représente bien une chute. Ici la « mauvaise Éris » domine sans partage, et leur sort post mortem est à l’avenant : les Enfers « froids », « moisis », où ils descendront « anonymes » et sans aucun espoir de survie : eux ne seront pas des démons. 

V. 156-173 : la race des Héros.

On peut souligner l’étrangeté de cette race des héros :

 V. 174-201 : la race de fer.

174-178 : le présent

Les vers 174-178 sont au présent, et représentent la première partie de la « race de fer ». On notera la présence du « je » : c’est l’époque même du poète, le présent historique.

175-201 : le futur

Deux vers de transition : la race actuelle n’a pas fini son évolution vers le pire ; elle connaît encore le mélange du bien et du mal. Mais bientôt, le mal règnera sans partage…

La fin de l’âge de fer, et le triomphe sans partage du mal, offrent un tableau saisissant et sinistre, du présent et d’un futur proche, en même temps qu’un avertissement aux hommes en général, à Persès en particulier : le mépris des liens familiaux, l’impiété, la haine ne peuvent conduire qu’à un malheur général, et à la destruction de cette humanité.

On peut rapprocher ce texte de plusieurs mythes : celui de Deucalion, par exemple, ou encore celui du Déluge : une race mauvaise sera anéantie. Avec néanmoins une différence majeure : dans le mythe de Deucalion et Myrrha, comme dans la Bible, la « race mauvaise » appartient au passé. De même dans cette réécriture qu’est l’histoire des Troglodytes dans les Lettres persanes de Montesquieu.

Ici, la situation est pire : la « race de fer » est au présent, et au futur, et le châtiment est à venir…

Hésiode est donc le père des tableaux sinistres des satiristes (Juvénal…) ou de poètes tels que Lucrèce. Le pire n’est pas à chercher dans un passé lointain, mais dans un futur proche…

Une interprétation de Jean-Pierre Vernant (Mythe et pensée chez les Grecs, Maspero, 1965, « le mythe hésiodique des races, essai d’analyse structurale », p. 13-79)

 

Cinq races se succèdent, dont quatre sont liées à un métal, et elles semblent, à l’exception de la race des héros, représenter une chute continue. Or qu’en est-il exactement ?

On peut représenter cela sous la forme d’un tableau :

 

 

Caractères

Attributs

fonction

destin post mortem

Passé

Royaux

Or

pure dikè

jeunesse éternelle

Bons rois ; rendent une justice droite

démons épichtoniens

Argent

hybris

Enfance, puis mort rapide

Mauvais rois ; rendent une mauvaise justice

démons hypochtoniens

Guerriers

Bronze

Pure violence, hybris

Hommes faits

Guerre perpétuelle ; lance de frêne, bronze des armes

Anonymat de l'Hadès

Héros

Violence guerrière, mais régie par la dikè

Hommes faits

Mêmes attributs que le bronze

Anonymat de l'Hadès ou isolement dans l'Île des Bienheureux

Présent

Producteurs

Fer 1

Hybris mêlée de dikè : choix possible

Hommes soumis au temps : de l'enfance à la vieillesse

Mauvaise Éris, mais aussi la bonne : malheur, mais bonheur possible

Anonymat de l'Hadès

Avenir

Fer 2

Hybris seule, et violence

Vieillards "naissant avec des tempes blanches"

Règne sans partage du malheur ; absence de toute philia

Anonymat de l'Hadès


La justice (v. 202-285)

L’épervier et le rossignol (202-212)

·         ὀνύχεσσι < ὄνυξ, ὄνυχος : ongle, serre, griffe

Une fable assez cruelle, qui intervient immédiatement après la description du dernier âge de fer, où le mal et la loi du plus fort règnent sans partage, et avant une invitation à Persès d’écouter la justice : avertissement ? Appel à la résignation face au destin, et à la toute-puissance de la « mauvaise Éris » ? Ou opposition entre la vie sauvage, où la force est la seule loi, et la vie humaine, où la δίκη a encore sa place ? cf. v. 277-278 : « que les poissons, les bêtes sauvages et les oiseaux ailés se dévorent entre eux, puisqu’il n’y a pas de justice parmi eux. » 

Mais toi, Persès, écoute la justice… 213-224

Cette peinture allégorique de l’hybris et de ses conséquences illustre et complète la fable précédente, ainsi que le tableau de l’âge de fer. Forme un diptyque avec ce qui suit. 

Les bons rois (225-237)

Un tableau d’un monde où triomphe la justice, le bien, et qui n’est pas sans évoquer l’âge d’or : retour à « l’âge de Cronos », avant Pandore. On retrouve les « fêtes » ἐν θαλίῃσι, 115-231), la terre généreuse (καρπὸν δἔφερε ζείδωρος ἄρουρα, 117-237) et surtout la paix, plus développée ici.

Pourtant, ce n’est pas le même temps : la terre généreuse n’est pas pour autant αὐτομάτη (118) : il faut la travailler, donner des soins aux brebis ; il y a des villes, cueillette et élevage se partagent équitablement les ressources…

La leçon est claire : les hommes de l’âge de fer ne peuvent revenir à l’époque de l’âge d’or, mais ils peuvent retrouver l’harmonie et la paix, à condition de respecter la justice…  

Les mauvais rois, 238-247.

Dépopulation et stérilité, famine et peste, ruine et défaites militaires : les deux premiers points au moins évoquent les malheurs de Thèbes expiant la souillure du meurtre de Laïos… Anciennes formules d’imprécations ? 

Leçon aux Rois (248-273)

«οἵ ῥα φυλάσσουσίν τε δίκας καὶ σχέτλια ἔργα
ἠέρα ἑσσάμενοι, πάντη φοιτῶντες ἐπαἶαν»

= reprise des vers 124-125 : ils semblaient peu à leur place alors, désignant les « démons épichtoniens » que sont devenus les hommes de la race d’or. Peut-être faut-il les identifier aux 30 000 gardiens immortels que Zeus assigne aux hommes ?

Curieux passage, où Hésiode semble se contredire : après un long développement sur la justice divine, il semble craindre soudain qu’elle n’existe pas ! Rupture brutale du Νῦν δὲ : mais en réalité ?… Révolte à la pensée de l’injustice qu’il a lui-même subie de la part des rois de Thespies « mangeurs de présents » ; retour cependant à une foi plus orthodoxe, en un vers seulement, mais qui est un acte de foi en Zeus.  

Leçon à Persès (274-285)

Ταῦτα ne renvoie pas à ce qui précède immédiatement – les doutes et la révolte d’Hésiode – mais aux vers 248-269.

Ces deux vers renvoient à la fable de l’Épervier et du rossignol, et confirment notre interprétation : le règne de la pure violence renvoie à l’animalité.

Composition générale du passage :

·         fable du faucon et du rossignol (10 vers)

·         adresse à Persès (11 vers)

·         Les bons rois (12 vers)

·         les mauvais rois (9 vers)

·         Leçon aux rois (25 vers)

·         Leçon à Persès (11 vers)

Le texte commence et s’achève par la mention autobiographique du frère d’Hésiode, avec au centre, à la fois le diptyque sur les bons et les mauvais rois, et la longue leçon aux rois. La Fable fait donc ici figure de prologue (un « mensonge de même valeur que les vérités » selon le prologue de la Théogonie. (« Ringkomposition »)

Mais le fait que le texte commence et s’achève par Persès montre qu’il s’agit, bien plus que d’un texte politique, d’un traité de morale individuelle, destinée à n’importe quel citoyen bien plus qu’aux rois. Transition avec le manuel d’agriculture qui va suivre.

Éloge du travail (286-382)

« Travaillez, prenez de la peine… » (286-319)

·         ἰλαδόν : en masse, abondamment (adv.)

·         λεῖος, α, ον : uni, lisse, plane

Brève introduction générale, avec la métaphore des deux routes, souvent citée. La leçon est adressée explicitement à Persès (sot de Persès !) 

 Série de maximes très générales sur la valeur en soi du travail, valeur complémentaire de la justice. Vivre de son propre bien, et non, comme le faux-bourdon, fléau de la ruche, du travail d’autrui, en lorgnant des biens qui ne vous appartiennent pas… A mettre peut-être en relation (ou en opposition) avec les valeurs aristocratiques : Hésiode se place du point du vue du « petit », du producteur, qui n’est donc ni guerrier (mais il déteste la guerre), ni roi (des rois souvent corrompus). Pour lui, la seule « valeur » est donc le travail, qui exige intelligence et énergie. Pour la première fois, sagesse et vie rustique sont liées… un lien qui, de Tibulle à Virgile et à… Giono, connaîtra une vaste postérité !

La richesse (320-326)

Bien mal acquis ne profite jamais (327-334)

« Grand sot de Persès ! » (335-341)

Conseils généraux divers (342-382) : série de maximes morales, 342-367.

è Nécessité d’une vie harmonieuse, d’une entente entre voisins. V. 348 (« ton bœuf ne mourrait pas si ton voisin n’était pas méchant ») : malveillance… ou mauvais œil ? Quoi qu’il en soit, l’existence du paysan est précaire ; la solidarité permet de compenser, au moins dans une certaine mesure, cette précarité.

è Importance extrême de l’égalité des échanges, et de leur équilibre : une société fondée sur le don / contre-don, l’échange de biens et de services (bien qu’il soit question, parfois, d’achats). Tout don doit être contrebalancé par un contre-don égal ou supérieur. Ceci nous ramène à Pandore : le don « de tous les Dieux », imprudemment reçu par Épiméthée, est précisément un don qui ne pourra jamais être contrebalancé ; il rend les hommes à jamais débiteurs des Dieux – et ce cadeau-là est empoisonné.

è Malgré ces échanges, importance de l’autarcie, et hantise de se constituer des réserves : la précarité, la disette, la faim (αἴθων λιμός) menacent toujours. 

Conseils pratiques (368-382)

è On retrouve ici la misogynie d’Hésiode, qui n’imagine pas que les femmes puissent, à la ferme, avoir un rôle producteur. Rappel de Pandore : la femme est séduisante, dotée d’une voix persuasive… et d’un esprit à la fois rusé et cupide. Le don de la première femme a condamné l’homme au malheur : ou bien il se marie, et subit la présence d’une compagne qui n’est qu’un ventre avide, qu’il faudra perpétuellement nourrir – mais c’est la condition pour avoir des enfants qui, s’ils respectent la justice, subviendront aux besoins de leur père devenu vieux ; ou bien il renonce au mariage – mais il se prive alors de descendance, et de soutien pour sa vieillesse…

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